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Pourquoi je m'auto-héberge (et pourquoi c'est déraisonnable)

· #dev #infra #side-project

À l’heure où déployer un site se résume à git push vers Vercel, tous mes side projects tournent sur un serveur dédié que j’administre moi-même. Au dernier comptage : plus de 80 conteneurs Docker, un Traefik en façade qui distribue le trafic et renouvelle les certificats Let’s Encrypt tout seul, du monitoring Grafana et Prometheus, des sauvegardes automatisées, et même un n8n qui bricole des automatisations la nuit.

C’est objectivement déraisonnable. Laissez-moi défendre ce choix quand même.

L’argument malhonnête : le prix

On pourrait dire qu’un dédié coûte moins cher que l’addition des services managés équivalents pour Uchronia, les API Kaamelott et OSS 117, star-clicker et le reste. C’est vrai sur la facture, et complètement faux dès qu’on compte les heures. Un dimanche à débugger un conteneur qui refuse de démarrer n’apparaît sur aucune facture, mais il a un coût. Si vous cherchez la rationalité économique, elle n’est pas ici.

Le vrai argument : c’est un terrain d’entraînement

Ce serveur est l’endroit où j’ai le droit de tout casser. C’est là que j’ai vraiment compris les réseaux Docker, les reverse proxies, les certificats, les sauvegardes qu’on teste (une sauvegarde jamais restaurée est une hypothèse, pas une sauvegarde), les métriques qui préviennent avant la panne. Toutes choses qu’on croit connaître jusqu’au jour où c’est votre machine, votre nom de domaine, et personne d’autre à blâmer.

Ce que ce serveur m’a appris me sert ensuite toute la semaine dans mon travail d’ingénieur. Le managé rend ces connaissances optionnelles ; l’auto-hébergement les rend inévitables.

Et l’argument sentimental, assumé

Une idée de projet le samedi matin devient une URL en ligne le samedi soir, sans créer de compte nulle part, sans plan tarifaire à comparer, sans limite de ce qui a le droit d’y tourner. Une API de punchlines ? En ligne. Un jeu incrémental ? En ligne. C’est le même plaisir que remettre en état une vieille console : la machine est à moi, je sais comment elle marche, et quand elle tourne, c’est un peu de moi qui tourne avec.

Est-ce que je vous le conseille ? Si vous comptez vos heures, non. Si vous voulez apprendre, il n’y a pas mieux.

Questions fréquentes

C'est quoi l'auto-hébergement ?

Faire tourner ses sites et applications sur une machine qu'on administre soi-même (serveur dédié, VPS ou machine à la maison) plutôt que sur des plateformes managées comme Vercel.

L'auto-hébergement coûte-t-il moins cher que le cloud ?

Sur la facture, souvent oui. En comptant les heures d'administration, rarement. Le vrai gain est ailleurs : les compétences acquises en exploitation réelle.

Quelles compétences apprend-on en s'auto-hébergeant ?

Docker et ses réseaux, les reverse proxies, les certificats TLS, le monitoring, et surtout les sauvegardes qu'on teste réellement. Des compétences directement utiles en entreprise.

Par où commencer pour s'auto-héberger ?

Un petit VPS, Docker, un reverse proxy comme Traefik ou Caddy pour le HTTPS automatique, et un premier projet sans enjeu. Le reste s'apprend en cassant des choses.

armor-alley : un classique de 1990, planqué ici depuis toujours