Malgr�� la crise, le g��ant des semi-conducteurs Qualcomm poursuit sa diversification


Le PDG de Qualcomm, Cristiano Amon, le 4 janvier 2022, à Las Vegas (Nevada).

Pour Cristiano Amon, la date approche. Le 30 juin, cela fera un an qu’il aura pris les commandes du géant américain des semi-conducteurs Qualcomm, leader mondial du secteur dans le domaine des smartphones. Précédemment président de la société, il occupe désormais aussi les fonctions de directeur exécutif. Dans un contexte de concentration du secteur, entre les rivalités géopolitiques, l’incertitude sur les capacités de production liée à la pandémie de Covid-19 et une concurrence toujours plus exacerbée, le dirigeant se veut, malgré tout, optimiste, assure-t-il au Monde.

Dernier défi en date : Apple, l’un des principaux clients de Qualcomm, a annoncé qu’il va désormais produire ses propres semi-conducteurs M2 pour ses ordinateurs portables. La marque à la pomme devrait aussi proposer des puces électroniques faites maison pour ses prochains iPhone. D’ores et déjà, Qualcomm a intégré dans ses perspectives que la société de Tim Cook allait drastiquement baisser ses commandes.

Lire aussi : Article réservé à nos abonnés « Puces électroniques : la diversification à marche forcée du secteur pousse à la consolidation sur un marché en pleine expansion »

L’entreprise a aussi été affectée par le ralentissement de la production lié aux confinements successifs. Mais, affirme-t-elle, elle a su prendre très tôt les mesures pour en réduire les effets, en diversifiant ses sources d’approvisionnement et en soutenant l’accroissement de la production par ses investissements. Des mesures qui devraient lui permettre de surmonter cette situation d’ici à 2023, affirme Cristiano Amon.

Au cœur des enjeux géopolitiques

Le groupe est également au cœur des enjeux géopolitiques qui affectent aujourd’hui les entreprises technologiques. Son rachat par Broadcom, installé alors à Singapour, pour un montant de 142 milliards de dollars (115 milliards d’euros à l’époque, en 2018), a été bloqué par l’administration américaine de Donald Trump, au motif de la protection de la « sécurité nationale ».

Dans le même temps, l’Europe et la Chine ont réaffirmé leur volonté d’assurer leur souveraineté en matière de production de composants à travers des plans tels que l’European Chips Act (pour que l’Europe monte à 20 % de la production mondiale) ou le Made in China 2025. Un frein pour les fleurons de la tech américaine ? « Nous sommes dans une économie interconnectée mondiale. Les liens très forts entre les entreprises privées de tous les pays vont continuer de jouer le rôle de force de stabilisation dans ce contexte », rétorque Cristiano Amon, qui rappelle que l’activité de Qualcomm est toujours en croissance.

Lire aussi Article réservé à nos abonnés Puces électroniques : l’acquisition du britannique ARM par l’américain Nvidia bloquée par les régulateurs

Ces rivalités sont d’autant plus préoccupantes qu’avec la numérisation de plus en plus d’industries, le besoin de semi-conducteurs n’a jamais été aussi important. Selon M. Amon, la demande pourrait doubler dans les dix années à venir. Dans ce contexte, il appelle de ses vœux le développement de fonderies en Europe, avec lesquelles il pourrait travailler, si celles-ci sont compatibles avec les technologies avancées développées par le géant américain.

Il vous reste 47.37% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.



Source
Catégorie article Politique

Ajouter un commentaire

Commentaires

Aucun commentaire n'a été posté pour l'instant.